La santé mentale, érigée en grande cause nationale en 2025 puis reconduite en 2026 par le Gouvernement, demeure au cœur des préoccupations. Pourtant, sur le terrain, les indicateurs restent préoccupants. Chaque mois, plus d’une centaine d’étudiants en soins infirmiers (ESI) sollicitent la FNESI par mail. À cela s’ajoutent plus de dix appels quotidiens sur la ligne dédiée. Des chiffres qui traduisent un malaise profond, déjà mis en lumière par l’enquête Bien-Être 2025 : 93% des étudiants se disent mentalement épuisés, et sept étudiants sur dix déclarent avoir déjà envisagé d’interrompre leur formation. Dans ce contexte, la FNESI annonce le lancement de l’ESI’mètre, un outil d’auto-évaluation pensé comme un sociomètre pour mesurer la qualité de l’environnement de formation tel qu’il est perçu par les étudiants eux-mêmes.
Des conditions de formation sous tension
L’enjeu est de rendre visibles des situations souvent banalisées. En effet, En effet, faute de repères ou de prise de conscience, certains comportements ou dysfonctionnements ne sont pas identifiés comme problématiques par les étudiants infirmiers (ESI) ; certaines dérives tendent à se normaliser. Cette dynamique contribue à fragiliser les ESI, confrontés à des exigences croissantes dans un environnement parfois inadapté. Pour la FNESI, ces situations doivent être identifiées, mais aussi prévenues, traitées et sanctionnées, la dégradation des conditions de formation participant à une détérioration de leur santé mentale.
L’ESI’mètre doit ainsi permettre de mettre en lumière ces réalités, tout en fournissant des éléments concrets pour alerter les acteurs de la formation. Construit à partir des données issues des enquêtes de la fédération, il vise à objectiver ces difficultés et à en dresser un état des lieux précis.
Une égalité d’accès encore incomplète
Au-delà du diagnostic, l’outil se veut un levier de sensibilisation. En documentant les conditions de formation, il interpelle directement les instituts et l’ensemble des acteurs concernés. Pour la FNESI, une prise de conscience collective est indispensable afin d’améliorer durablement le parcours des étudiants en soins infirmiers.
Si l’ESI’mètre constitue une première réponse, la FNESI souligne qu’il ne peut remplacer des actions structurelles. À l’approche d’une réforme de la formation, la question des inégalités entre étudiants demeure. Les ESI ne bénéficient pas toujours du même accès aux services universitaires que les autres étudiants de l’enseignement supérieur.
Garantir cet accès, et faire de l’université un acteur central de leur formation, apparaît comme une avancée majeure pour améliorer leur état de santé. La FNESI rappelle ainsi la nécessité d’une égalité réelle entre tous les étudiants.
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