VIE UNIVERSITAIRE

Logement : les étudiants infirmiers sont particulièrement désavantagés

Publié le 12/03/2026

Les étudiants infirmiers ont difficilement accès aux logements universitaires, ce qui aggrave leur précarité financière, pointe la Fédération nationale des étudiants en sciences infirmières. En cause notamment, un système de bourse qui les désavantage par rapport aux autres filières.

Centre Régional des Oeuvres Universitaires et Scolaires de Paris (CROUS).

Crédit photo : GARO/PHANIE

La précarité financière induite par le coût du logement qui frappe l’ensemble des étudiants cible particulièrement ceux en sciences infirmières (ESI), s’alarme la Fédération nationale des étudiants en sciences infirmières (FNESI) dans un communiqué, ce jeudi 12 mars. Pour avoir participé à l’enquête sur le logement étudiant diligentée par la Fédération des associations générales étudiantes (FAGE), elle constate «une inégalité majeure dans l’accès au logement étudiant» subie par les ESI. Selon moins de 2% de ceux qui font la demande d’un logement CROUS la voient ainsi aboutir.

Il faut dire que les ESI partent avec un important désavantage : à la différence des autres étudiants, ils ne dépendent pas du système de bourses du CROUS, ces aides financières étant gérées et versées par les régions. Ne constituant pas de Dossier Social Étudiant (DSE) auprès de l’organisme du CROUS, ils échappent de fait au circuit administratif classique et sont ainsi «exclus de la phase principale d’attribution des logements», dénonce la FNESI. Et ce dans un contexte où le système a déjà du mal à répondre aux besoins.

Près de la moitié des ESI ont moins de 100 euros par mois pour vivre

Or qui dit difficulté à accéder aux logements universitaires dit loyers qui pèsent plus largement sur les finances de ces étudiants. 45% d’entre eux disposeraient de moins de 100 euros par mois pour vivre une fois ces derniers payés. C’est effectivement une plus forte proportion que dans les autres filières, où la FAGE l’évalue plutôt autour de 22% (voir encadré). Pour ne pas arranger les choses, les ESI, qui ne sont pas encore pleinement intégrés dans le système universitaire, n’ont que peu accès aux informations relatives aux logements étudiants, même lorsqu’ils sont boursiers. La question du poids du logement est essentielle pour eux, alors qu’ils sont encore confrontés chaque année à des coûts de rentrée élevés, majorés par l’inflation.

«La multiplicité des acteurs (Région pour les bourses, instituts de formation, CROUS pour le logement), l’absence de DSE et la complexité des démarches administratives créent une rupture d’égalité d’accès à l’information et aux droits sociaux par rapport aux autres étudiants de l’enseignement supérieur», s’insurge la FNESI, qui réclame en urgence une simplification des démarches administratives. La réforme de la formation, dont l’arrêté publié fin février 2026 actualise le référentiel, porte en elle une accélération de l’universitarisation du cursus en sciences infirmières. Le processus est perçu comme l’un des moyens essentiels pour réduire les inégalités entre ESI et le reste des étudiants de second cycle.

Les résultats de l’enquête sur le logement de la FAGE
Menée auprès de 5 644 étudiants en janvier et février, l’enquête de la Fédération des associations généralistes étudiantes (FAGE) établit que :

  • Le coût du loyer est en moyenne de 491 euros, 712 euros pour Paris
  • 22,3% des étudiants déclarent vivre avec moins de 100 euros par mois une fois ce loyer payé, 52,2% avec moins de 200 euros
  • 5% des étudiants boursiers déclarent démarrer le mois à 0 euro ou à découvert
  • Un étudiant sur trois témoigne vivre en situation de mal logement : des moisissures (18,3 %), des dégâts des eaux (16,5 %), la présence de nuisibles (13,3 %) ou des matériaux dangereux (1,2 %)
  • Un étudiant sur deux indique travailler en parallèle de ses études.
    La Rédaction d'Infirmiers.com

    Source : infirmiers.com