PRÉVENTION VACCINALE

Le calendrier vaccinal 2026 cible les adolescents et renforce la protection des publics à risque

Publié le 28/04/2026

À l’occasion de la Semaine européenne de la vaccination, organisée du 27 avril au 3 mai, les autorités sanitaires dévoilent le calendrier vaccinal 2026. Il cible les adolescents et renforce la protection des publics à risque.

vaccination d'un nourrisson contre le VRS

Crédit photo : VOISIN/PHANIE

Cette nouvelle édition marque plusieurs inflexions, avec une stratégie recentrée sur les adolescents et les jeunes adultes, tout en renforçant la protection des publics les plus exposés aux formes graves des maladies infectieuses.

Une stratégie élargie pour améliorer le rattrapage

La vaccination contre les papillomavirus humains (HPV) reste recommandée en priorité entre 11 et 14 ans, âge auquel son efficacité est la plus élevée. Elle continue d’être proposée gratuitement aux élèves de 5e dans le cadre de la campagne menée au collège.

calendrier vaccinal 2026
© Santé publique France

Le calendrier 2026 élargit toutefois la stratégie de rattrapage. Désormais, les jeunes femmes comme les jeunes hommes peuvent bénéficier d’une vaccination jusqu’à 26 ans révolus lorsqu’ils n’ont pas été vaccinés plus tôt. Cette extension vise à améliorer la prévention des cancers liés aux HPV, notamment celui du col de l’utérus. La prise en charge reste fixée à 65 % par l’Assurance maladie.

Méningocoques : une réponse à la hausse des infections invasives

Autre évolution notable, le renforcement de la stratégie vaccinale contre les méningocoques, dans un contexte de reprise des infections invasives observée ces dernières années.

Pour les enfants nés après 2023, la vaccination contre les méningocoques ACWY et B devient obligatoire. Un rattrapage transitoire est également instauré pour les enfants âgés de 2 à 4 ans, y compris pour ceux déjà vaccinés contre le méningocoque C.

Pneumocoque et grippe : des ajustements pour les plus fragiles

Le calendrier 2026 introduit également plusieurs évolutions pour les personnes les plus à risque.

Dans la prévention des infections à pneumocoque, un nouveau vaccin, Capvaxive, rejoint la stratégie vaccinale. Il pourra être utilisé chez les adultes à risque accru ainsi que chez toutes les personnes âgées de 65 ans et plus, au même titre que Prevenar 20, selon un schéma simplifié à une dose.

Concernant la grippe saisonnière, les recommandations évoluent aussi. Chez les personnes âgées de 65 ans et plus, les vaccins à forte dose ou avec adjuvant sont désormais privilégiés, même si les vaccins standards restent mobilisables.

Un nouveau vaccin, Flucelvax, est par ailleurs intégré pour les enfants à partir de 6 mois exposés à un risque de forme grave. Il vient élargir les options disponibles dans cette population et bénéficie d’une prise en charge à 65 %.

Une adhésion élevée, mais des marges de progression

Au-delà des nouvelles recommandations, les autorités sanitaires rappellent que la progression de la couverture vaccinale reste un enjeu de santé publique, en particulier pour les maladies à fort potentiel épidémique.

La situation de la rougeole en reste l’un des principaux marqueurs. À 24 mois, la couverture atteint 95,5 % pour la première dose et 92,7 % pour la seconde. Une amélioration réelle, mais encore insuffisante pour atteindre le seuil nécessaire à l’élimination de la maladie, alors que les cas repartent à la hausse.

Dans ce contexte, l’adhésion de la population demeure un indicateur central. Selon le Baromètre 2024 de Santé publique France, 80 % des adultes âgés de 18 à 79 ans se déclarent favorables à la vaccination, dont un quart très favorables.

Ce niveau reste solide, mais marque un léger recul par rapport à 2021, où cette proportion atteignait 84 %. Un signal modéré, mais suffisamment net pour justifier la poursuite des actions d’information et de prévention, alors que la Semaine européenne de la vaccination vise précisément à rappeler l’intérêt d’un suivi vaccinal régulier à tous les âges de la vie.

Corinne Pauline Nkondjock

Source : infirmiers.com