«Les vaccins sont depuis longtemps l’un des outils les plus puissants pour la santé publique.» Ainsi l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ouvre-t-elle sa communication sur la semaine de la vaccination, organisée du 27 avril au 3 mai. Placée sous la thématique «Pour chaque génération, les vaccins agissent», cette semaine est l’occasion de rappeler au public l’intérêt de la vaccination et de l’informer sur les données scientifiques qui prouvent la sécurité et l’efficacité des vaccins, et de donner aux professionnels de santé des moyens spécifiques pour remplir ces deux missions. Il s’agit aussi d’un moment utile pour «renforcer la confiance en mettant en évidence la transparence, la responsabilisation et l’innovation permanente en matière de vaccination», écrit l’OMS. Et de rappeler quelques chiffres : en 50 ans, la vaccination a permis de sauver près de 150 millions de vie. «Aujourd’hui, de nouveaux vaccins contre les HPV, le choléra, la dengue, la méningite, les virus respiratoires syncytial, Ebola et la mpox permettent de sauver encore plus de vie», poursuit-elle. En tout, ce sont 30 maladies et infections mortelles qui peuvent être contrées par la vaccination.
Pour accompagner les professionnels de santé qui souhaiteraient mettre à profit cette semaine de la vaccination pour informer plus largement les usagers, l’OMS met à leur disposition des supports de communication.
Promouvoir la vaccination contre les HPV et les méningocoques
En France, c'est Santé publique France qui s'empare du sujet. Cette semaine est «l'occasion de promouvoir la vaccination en rappelant son rôle essentiel pour se prémunir contre de nombreuses maladies infectieuses, et diminuer le risque d'épidémie», écrit-elle ainsi dans un communiqué. L'Agence sanitaire en profite pour publier les dernières estimations de couvertures vaccinales, présenter les nouvelles recommandations et rappeler les messages de prévention adaptés à tous les âges de la vie. Cette année, l'accent est particulièrement mis sur la vaccination des adolescents et des jeunes adultes. En ligne de mire, notamment : la vaccination contre les HPV et les méningocoques, les recommandations vaccinales visant ces infections ayant récemment évolué.
Le message apparaît d’autant plus essentiel que l’on assiste partout à une recrudescence de la méfiance contre la vaccination, essentiellement nourrie par de fausses informations. Or les conséquences d’un recul de la couverture vaccinale ne se font pas attendre ; en France, les autorités sanitaires se sont inquiétées en 2024 d’une résurgence de la coqueluche, qui peut être fatale aux nourrissons. Et en 2025, c’est la circulation de la rougeole, dopée par l’épidémie alors en cours au Maroc, qui suscitait de fortes inquiétudes.
Des couvertures vaccinales qui s'améliorent
Au niveau des chiffres, Santé publique France note des progrès sur la plupart des maladies infectieuses. La couverture vaccinale contre les infections à HPV continue d'augmenter, est-il salué, conséquence positive du déploiement de la campagne vaccinale dans les collèges. En 2025,
- 61,6 % des jeunes filles de 15 ans avaient reçu une première dose de vaccin. Elles étaient 58,4 % en 2024 ;
- Et 46,0 % des jeunes garçons de 15 ans avaient reçu une première dose de vaccin. Ils étaient 36,9 % en 2024.
La couverture vaccinale contre les méningocoques, elle, est élevée chez les nourrissons - 88,2% d'entre eux ont reçu une première dose de vaccin contre les méningocoques ACWY, et 96,8% contre la B - mais elle doit progresser chez les adolescents et jeunes adultes :
- Les couvertures vaccinales contre les méningocoques ACWY sont estimées à 17,1 % chez les 11 à 14 ans et à 10 % chez les adolescents âgés de 15 ans, en 2025.
- Les jeunes de 15-24 ans sont 7,9 % à être vaccinés.
La couverture contre la rougeole, les oreillons et la rubéole à l’âge de 24 mois est de 95,5 % pour la première et de 92,7 % pour la deuxième dose, ce qui représente une évolution positive depuis 2018. «Néanmoins, dans le contexte actuel d’augmentation du nombre de cas de rougeole en France, il convient de rappeler que les couvertures vaccinales (2 doses) restent encore inférieures (au niveau national et dans chaque région) à 95 %, qui est l’objectif à atteindre en vue de l’élimination de la maladie», prévient toutefois Santé publique France.
La vaccination constitue «un enjeu majeur de santé publique pour la protection sanitaire des populations, en particulier les plus vulnérables», conclut l'agence sanitaire.
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