Selon le dernier baromètre de la Haute autorité de santé (HAS) relatif au sujet, le repérage des violences conjugales en médecine générale progresse, même s’il reste faible. Ainsi seules 5% des femmes interrogées, soit une femme sur 20 (voir encadré), indiquent avoir été directement questionnées par leur médecin sur d’éventuelles violences conjugales. Soit toutefois une augmentation de 67% par rapport à 2022, où elles n’étaient qu’une sur 33 à le déclarer. Parallèlement, 17% des répondantes relèvent avoir abordé avec leur médecin le sujet de la relation de couple. À titre de comparaison, ces pourcentages atteignent 26% pour la consommation d’alcool, 37% pour le tabac et 61% pour l’activité physique. Avec un point positif : «Les femmes (ayant été) enceintes déclarent davantage que ce sujet a été abordé avec elles, ce qui pourrait indiquer que les médecins identifient mieux la grossesse comme une situation à risque, conformément aux recommandations de 2019», observe la HAS.
Or, parmi les 876 participantes au baromètre qui avaient vu un médecin durant les 18 derniers mois, 1 femme sur 5 a déclaré subir ou avoir subi des violences – verbales, sexuelles, psychologiques – de la part de leur partenaire, dont 21% témoignent avoir spontanément évoqué le sujet avec leur généraliste. «Améliorer le repérage des violences permettrait de mieux prendre en charge 2,5 fois plus de femmes», encourage l’agence sanitaire.
Une démarche plébiscitée par les femmes
Et c’est d’autant plus vrai que le médecin est perçu comme un interlocuteur de confiance. «L’écrasante majorité des femmes se sentent à l’aise avec leur médecin généraliste (93 %), que leur partenaire consulte le même médecin ou non», constate en effet la HAS. La «démarche de questionnement» est d’ailleurs largement plébiscitée par les patientes : elles sont 97% à estimer que «le questionnement de toutes les patientes par le médecin généraliste pour faciliter le repérage d’éventuelles violences conjugales, actuelles ou passées, est une bonne chose.» Même celles qui admettent se sentir gênées ou choquées à l’idée d’évoquer le sujet ou de vivre une relation compliquée avec leur partenaire s’y disent majoritairement favorables. Quand le sujet est abordé, les femmes font état d’un échange «bienveillant», où les questions de violences conjugales sont abordées «sans détour» mais sans brutalité non plus. «Les femmes victimes de violences ont une perception encore plus encore plus positive : elles sont par exemple 89 % à le trouver rassurant et 72 % à le qualifier de source de soulagement», écrit encore la HAS.
Pour la troisième fois depuis le premier lancé en 2022, la Haute autorité de santé mesure l’évolution du repérage des violences conjugales en médecine générale. Cette fois-ci, l’enquête a été menée du 27 octobre au 4 novembre 2025 auprès de 1 000 femmes françaises âgées de 18 ans et plus. Sur ce millier de répondantes, 876 avaient consulté un médecin généraliste dans les 18 derniers mois, soit 9 femmes sur 10, dont 8 sur 10 qui étaient allées voir leur médecin habituel.
Depuis 2019, celle-ci recommande aux professionnels de santé de premier recours (généralistes, gynécologues, pédiatres, urgentistes, sage-femmes...) de demander à toutes leurs patientes «si elles subissent ou ont subi des violences», même en l'absence de signes d'alerte, afin de faciliter la parole des victimes en normalisant le sujet.
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