Soutenir l’éducation thérapeutique des enfants de 7 à 11 ans atteints d’asthme : tel est l’objectif de la thérapie digitale Joe, développée par la société Ludocare, qui a reçu, jeudi 2 avril, un avis favorable de la Commission nationale d'évaluation des dispositifs médicaux et des technologies de santé (CNEDiMTS) de la Haute Autorité de santé (HAS). Une première pour l’agence sanitaire, qui permettra au dispositif d’être inscrit sur la liste des produits et prestations remboursables (LPPR) de l’Assurance maladie. Concrètement, il consiste à guider l’enfant dans la gestion de son traitement, grâce à des vidéos pédagogiques (rappel des prises du traitement, bons gestes à réaliser…) diffusées sur un écran intégré dans «un compagnon de santé connecté» prenant la forme d’un petit robot. Il s’accompagne d’une application à destination des parents, notamment pour suivre en temps réel les prises de traitement.
Une thérapie pour impliquer plus largement l'enfant dans son traitement
La thérapie digitale répond ainsi à un impératif dans la prise en charge de l’asthme pédiatrique, qui touche entre 14 et 16% des enfants en France. «La mise en place d’un traitement est, en effet, systématiquement associée à une démarche d’éducation thérapeutique de l’enfant et de son entourage pour notamment éviter la survenue de crises sévères (exacerbations) et les risques associés (hospitalisations). Le succès du traitement implique donc une mobilisation importante de l’entourage et des équipes de soins», explique la HAS. Or le dispositif encourage l’observance du traitement tout en faisant gagner l’enfant en autonomie.
En 2025, la thérapie avait fait l’objet d’une évaluation de la part de la Commission qui, faut de données suffisantes, avait tranché défavorablement sur son inscription à la LPPR. Depuis, les nouvelles données produites ont permis «de conclure au fait que la thérapie digitale examinée, associée au traitement standard, était supérieure au traitement standard seul, chez les enfants de 7 à 11 ans bénéficiant d’un traitement de fond depuis au moins 3 mois et non traités par biothérapies», avec une importante réduction des exacerbations, note l’agence sanitaire. En revanche, son efficacité n’a pas pu être prouvée pour les 4 à 7 ans.
Un marché en plein essor
Le dispositif développé par Ludocare s’inscrit dans la liste des dispositifs médicaux numériques à visée thérapeutique ou thérapies numériques (DTx pour Digital Therapeutics). Soit des solutions numériques, type applications de santé, qui visent à traiter ou à mieux vivre avec une pathologie et ses symptômes, parfois en complément d’un traitement médicamenteux. En plein essor, le marché de ces DTx s'avère très réglementé. En mars 2023, la France a adopté le dispositif PECAN (Prise en charge anticipée numérique), qui autorise pour un an un financement dérogatoire par l'Assurance maladie des dispositifs jugés suffisamment matures et innovants mais n’ayant pas encore achevé leur parcours d’investigation clinique. Cet avis favorable est «une première pour un DTx. Cette séquence d’évaluation montre l’importance pour les industriels de l’écosystème d’anticiper les critères réglementaires de chaque voie de remboursement», achève, à toutes fins utiles, la HAS.
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