Dans un contexte économique contraint et de difficultés d’accès aux soins, il faut souligner l’intérêt de la prévention et de la promotion de la santé par des données probantes, assure la Haute autorité de santé (HAS). « La prévention et la promotion de la santé (PPS) sont des pans essentiels de la santé publique pour atteindre les objectifs du système de santé, notamment en améliorant la santé des populations tout en réduisant les inégalités sociales de santé et atteindre les objectifs de développement durable liés à la santé», indique-t-elle notamment dans son analyse prospective sur le sujet.* Leur développement, défini comme un enjeu de santé public car elles permettent « de réduire la morbidité et la mortalité évitable, de limiter les inégalités de santé et de renforcer la soutenabilité du système », peine en effet à se réaliser. C’est donc toute la mission de la HAS : soutenir la « concrétisation [du] virage préventif » en éclairant ses bénéfices afin que les décideurs puissent allouer les fonds publics de manière plus pertinente.
Homogénéiser les pratiques
La HAS avance ainsi deux axes d’amélioration : la constitution d’une « boîte à outils » pour aider les acteurs à identifier et mobiliser ces données probantes, et la structuration « d’un espace de dialogue national ». Pour renforcer la prise en compte des données probantes dans la décision il est primordial d’homogénéiser les niveaux de connaissance et de favoriser le développement d’une véritable culture commune de l’évaluation, détaille l’agence sanitaire, qui insiste sur la nécessité de mettre en place « un cadre de référence » comportant des repères théoriques et méthodologiques nécessaires pour appréhender ces données. « Ce cadre doit être suffisamment adaptable pour s’appliquer à la diversité d’interventions en prévention et promotion de la santé » et pour « aider les acteurs à identifier et comprendre les données probantes nécessaires et suffisantes à la décision (efficacité de l’intervention, évaluation économique, reproductibilité et transférabilité, mesure des externalités) », liste-t-elle.
La boîte à outils contiendrait également un guide pour réaliser les évaluations dans des conditions favorables : au bon moment, avec les bons acteurs.
L'exemple australien pour modèle
Enfin, pour renforcer la prise en compte de ces données dans les décisions publiques, il faut que l’information circule. Et donc que le dialogue entre les différents acteurs se construise. Aussi la HAS préconise-t-elle de créer « un espace de dialogue et d’intermédiation autour des données probantes en prévention et promotion de la santé, s’inspirant du Centre Australien de Partenariat pour la Prévention ». Ce dernier, financé par le ministère de la santé australien, fait le lien entre la science et le politique en faisant collaborer chercheurs, décideurs politiques et professionnels de santé pour développer une approche systémique de prévention des maladies chroniques. « Cet espace pourra se mettre en place à différents niveaux de la décision (national, en territoire…) et devra être ouvert à un large panel d’acteurs, y compris en dehors du secteur sanitaire (environnement, éducation, urbanisme…), pour favoriser la santé dans toutes les politiques et avoir un impact réel », précise la HAS.
Accéder à l'analyse prospective de la HAS
*L’ ordonnance du 26 janvier 2017 a confié à la HAS la responsabilité de réaliser chaque année, sur un thème de son choix, une analyse prospective du système de santé comprenant des propositions d’amélioration de sa qualité, de son efficacité et de son efficience. Cette analyse est destinée au Gouvernement et au Parlement.
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