SEMAINE DE LA SÉCURITÉ DES PATIENTS 2025

Sécurité des soins pédiatriques : la HAS élargit son analyse aux 0-1 an

Publié le 16/09/2025

« Des soins sûrs pour chaque nouveau-né et chaque enfant » : après des recommandations qui portaient sur la période néonatale, la Haute Autorité de Santé (HAS) élargit son analyse à la période infantile (0-1 an) et sensibilise les professionnels aux risques liés à la sécurité des soins pédiatriques. 

consultation, médecin, bébé, table, mère, cabinet

Crédit photo : Angie Wang/AP/SIPA

La France se place au 22e rang européen en matière de mortalité infantile (en 2023), rappelle la Haute Autorité de Santé (HAS) dans un communiqué publié le 15 septembre, dans le cadre de la Semaine nationale de la sécurité des patients organisée par le ministère chargé de la Santé, du 15 au 19 septembre. «Si la périnatalité fait l’objet de recommandations et de politiques de santé publique, en France, les indicateurs de la santé périnatale ne s’améliorent plus, voire se dégradent, en comparaison d’autres pays». 

Période néonatale

Dans un rapport publié en mai 2025, la HAS analyse les événements indésirables graves associés aux soins (EIGS) déclarés survenus pendant la période néonatale (0 – 1 mois). Cette analyse porte sur 328 EIGS reçus entre le 1er mars 2017 et le 27 mai 2024. Elle dresse le constat que ces EIGS concernent principalement, «pour 51 % des cas, une défaillance au cours de la prise en charge obstétricale». On retrouve en particulier : «les défauts d’enregistrement et d’interprétation du rythme cardiaque fœtal, les complications pendant l’extraction, les retards de réalisation d’une césarienne ou de déclenchement du travail». Pour améliorer la sécurité des nouveau-nés, la HAS souligne que «les risques doivent être mieux anticipés, dès le début de la grossesse, et les parents mieux informés». 

analyse document HAS

 

Une analyse approfondie sur les EIGS de cette tranche d’âge a permis de dégager 10 préconisations pour améliorer la sécurité des nouveau-nés : 

  • S’assurer systématiquement des compétences (techniques et non techniques) des professionnels exerçant en gynécologie-obstétrique et en pédiatrie néonatale.
  • Garantir l’accès de tous les professionnels de santé impliqués à l’ensemble des informations médicales nécessaires à la prise en charge des nouveau-nés et de leur mère.
  • Lutter contre les erreurs diagnostiques (diagnostic retardé, erroné, manqué ou non communiqué au patient).
  • Mieux prendre en charge les grossesses et accouchements à risque.
  • Améliorer la prise en charge de la réanimation néonatale en maternité
  • Mieux prévenir les risques de chutes et d’étouffement du nouveau-né à la maternité.
  • Respecter les bonnes pratiques de prise de décision des transferts in utero et périnataux.
  • Poursuivre la sécurisation de la prise en charge médicamenteuse et de l’utilisation des dispositifs médicaux.
  • Renforcer la sécurité des accouchements accompagnés à domicile et des accouchements en maison de naissance.
  • Faire évoluer le formulaire de déclaration des EIGS et améliorer la qualité des déclarations.

La période infantile (0-1 an) :  des causes d’EIGS différentes selon l’âge  

Dans son 8e bilan annuel des Événements Indésirables Graves Associés aux Soins (EIGS), publié le 12 septembre, la HAS élargit son analyse aux 0-1 an, en mettant notamment en lumière que les EIGS sont causés par des facteurs différents selon l’âge de l’enfant. Si les événements indésirables graves associés aux soins de la période néonatale sont provoqués par un défaut de prise en charge obstétricale, ceux de la période 1 mois-12 mois le sont plutôt par des défauts de diagnostic et de clinique et des erreurs médicamenteuses (dans 57% des cas).

«Entre mars 2017 et mai 2024, 408 déclarations d’EIGS concernant les enfants de moins de 1 an ont été reçues et analysées à la HAS. Les fœtus morts in utero sont également inclus dans cette analyse. La majorité (80%) des enfants concernés sont âgés de moins de 1 mois». La moitié des EIGS déclarés ont conduit à un décès (55 %).

Retrouvez ici le document de la HAS. 

    Prévenir les erreurs liées aux soins en rappelant les bonnes pratiques

    Aux côtés du ministère chargé de la Santé, la HAS participe à la mise en œuvre de la politique nationale, notamment à travers la feuille de route « améliorer la sécurité des patients et des résidents 2023-2025» dont un bilan sera prochainement publié (des informations complémentaires sont également disponibles sur la page dédiée du ministère).

    Dans ce cadre, la HAS contribue à des initiatives de sensibilisation comme le « challenge patient », dont les lauréats seront dévoilés lors de la Journée mondiale de la sécurité des patients, le 17 septembre (pour en savoir plus, consulter la page du ministère chargé de la Santé).

    La HAS accompagne les professionnels de santé en mettant régulièrement à leur disposition des supports pratiques pour mieux gérer les risques associés aux soins et rappeler les bonnes pratiques. Parmi ses productions récentes :

    Ces supports s’inscrivent dans une démarche continue d’amélioration des pratiques au bénéfice des patients et des professionnels.

    La Rédaction d'Infirmiers.com

    Source : infirmiers.com