Selon cet observatoire, publié mardi 14 avril (voir encadré), leur état de santé constitue la préoccupation première des hospitaliers, à hauteur de 58% contre 48% en population générale. Et pour cause, 42% des personnes interrogées (aides-soignants, infirmières, médecins, personnels administratifs et techniques, dans la fonction publique hospitalière et dans les établissements privés) disent avoir été affectés par un problème de santé au cours des trois derniers mois. C'est nettement plus que dans la population générale des actifs en emploi, interrogée en miroir par le CSA, où 26% des répondants déclarent avoir connu un problème de santé sur la période. Mais le résultat est meilleur qu'en 2024, où 46% des personnels hospitaliers avaient déclaré un problème de santé dans les trois mois.
De même, 16% des personnels hospitaliers se déclarent en mauvaise santé aujourd'hui, soit 3 points de plus que dans la population générale interrogée en miroir. Mais ce niveau, qui revient à celui de 2018, est nettement meilleur qu'en 2022, lorsque 24% des professionnels de santé se déclaraient en mauvaise santé. Par ailleurs, 45% des hospitaliers déclarent ressentir souvent de l'anxiété, du stress et de la charge mentale au travail, contre 16% dans la population générale, indique l'observatoire. Ce dernier rappelle que les hospitaliers enregistrent en moyenne 12,9 jours d'absence pour raison de santé par an, contre 8,8 jours dans la fonction publique d'État. «Le niveau monte à 15 jours pour les femmes, et près de 20 jours pour les agents de plus de 50 ans.» Et parallèlement, le présentéisme en mauvaise santé peut coûter jusqu’à 8 fois plus que l’absentéisme simple, ajoute-t-il.
Les jeunes et les femmes particulièrement vulnérables
L’enquête s’inquiète également de deux catégories d’agents hospitaliers particulièrement exposés : les femmes et les jeunes. Les soignantes sont ainsi «les grandes oubliées de la prévention». 1 soignante sur 2 n’a jamais réalisé de dépistage du cancer du sein, contre 1 femme sur 3 dans la population générale, et 85 % s’arrêtent pour raison de santé avant leur congé maternité, note-t-elle. Quant aux professionnels de moins de 35 ans, ils sont 91% à déclarer ressentir du stress, de l’anxiété et une charge mentale importante, contre 50% des Français du même âge en population générale. La santé des jeunes soignants est pourtant un enjeu primordial dans un contexte de pénurie. D’ici 2050, 80 000 infirmiers pourraient ainsi manquer, alors que les nouveaux professionnels tendent parallèlement à quitter plus rapidement le métier. Plus largement, pour 55% des hospitaliers, l'amélioration des conditions de travail est le principal levier pour améliorer leur santé, ajoute l'observatoire.
Pouvoir d'achat et insécurité viennent ensuite dans l'ordre de leurs préoccupations. Ils sont 30% à se déclarer en difficultés financières, contre 15% dans la population générale, et 74% à juger que leur pouvoir d’achat a baissé, contre 57% pour le grand public. Et côté insécurité, les soignants demeurent plus exposés à la violence (49% d’entre eux) et à l’incivilité (40%) dans le cadre de leur exercice.
Effectifs, intérim, services, mais aussi équilibre vie privée/vie professionnelle et parentalité, et situation financière… L’observatoire de la Mutuelle nationale hospitalière, élaboré en partenariat avec l’institut CSA se penche sur l’ensemble de l’écosystème hospitalier pour en analyser les composantes… et en identifier les éventuelles fragilités. Pour sa dixième édition, c’est donc la santé des soignants qui s’est imposée comme thématique principale, alors que les impacts de la crise sanitaire se font encore sentir.
Des métiers encore porteurs de sens
Pour autant, l’environnement hospitalier est aussi pourvoyeur d’éléments forts de soutien, à commencer par le collectif. 92% des hospitaliers témoignent pouvoir faire confiance à leurs collègues ; c’est 10 points de plus qu’en population générale. Et 66% d’entre eux se disent malgré tout satisfaits de leur travail. «Une large part des hospitaliers aime leur métier. C’est le signe que l’engagement, le sentiment d’utilité et la fierté professionnelle restent des moteurs puissants», en conclut l’observatoire.
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