Le geste technique et sa maîtrise seuls ne suffisent plus «à garantir la sécurité des patients» ; les professionnels de santé se doivent également de posséder des compétences non techniques (CNT). Tel est le constat que dresse la Haute autorité de santé (HAS) dans un référentiel publié début avril 2026 qui se veut comme un guide pour accompagner les soignants à mieux mobiliser les dites compétences. Mais d’abord, qu’entend-on par CNT ? Ce sont «les ressources cognitives, sociales et personnelles qui complètent les compétences techniques et contribuent à la sécurité et à la performance dans la tâche», qui ne relèvent donc pas de la technique pure mais «qui influencent directement la performance des professionnels», selon la définition de la HAS. Parmi elles : la prise de décision, la gestion de la charge de travail, la communication «efficace», le leadership ou encore la gestion du stress et de la fatigue.
Dans un contexte où les soins deviennent de plus en plus complexes, avec des prises en charge qui mobilisent des équipes pluriprofessionnelles sur des suivis longs, ou des situations d’urgence qui induisent une lourde charge cognitive, la maître de ces CNT s’avère «un levier essentiel pour améliorer la qualité, la sécurité et la fiabilité des soins, mais aussi le bien-être des professionnels de santé», plaide-t-elle. Elles sont ainsi primordiales aussi bien pour éviter la survenue d’événements indésirables graves – leur analyse démontre que la majorité n’est pas liée à un défaut technique mais à des défaillances dans la communication ou de jugement, ou à une perception erronée de la situation – que dans leur gestion quand ils se produisent. En favorisant la détection précoce des situations à risque et en rendant les équipes et les organisations «plus robustes et résilientes», elles contribuent à renforcer la qualité des décisions, l’efficacité du travail en équipe ou encore la coordination des soins, avance la HAS.
En un mot comme en cent, ces CNT «participent au développement d’une culture de sécurité positive, et au bien-être des acteurs. Les compétences techniques et non techniques sont complémentaires et interdépendantes.» D’où la nécessité d’en développer l’apprentissage chez les professionnels de santé, dès la formation initiale mais aussi dans le cadre de la formation continue.
Un apprentissage en formation initiale et continue
Le référentiel de la HAS ne prétend pas s’adjoindre aux référentiels des différentes professions de santé existantes, il ne constitue pas un «bloc d’apprentissage» séparé, poursuit l’agence sanitaire. Les CNT doivent au contraire être envisagées comme «des composantes des compétences professionnelles» qui se développent en même temps. Il met ainsi à disposition des méthodes pédagogiques – à ancrer dans les situations de soins – ainsi que 13 fiches pour développer ces compétences que peuvent mobiliser formateurs et établissements : facteurs organisationnels et humains (pour analyser travail d’équipe, capacité des individus à gérer le stress…), culture de sécurité des soins (retour d’expérience, management équitable…), gestion de la fatigue ou du stress, efficacité de l’équipe ou encore place du patient au sein de l’équipe.
«Ce référentiel propose un cadre commun, structurant et partagé, destiné à favoriser une culture de sécurité et de coopération à tous les niveaux du système de santé » et vient enrichir les référentiels métiers existants. Sa mise en œuvre repose « sur une conviction forte» : que les CNT s’acquièrent, se développent et s’entretiennent tout au long de la vie professionnelle. «Ce référentiel des compétences non techniques ouvre la voie à un système de santé plus sûr, plus apprenant, plus coopératif et plus soutenable, au bénéfice des professionnels comme des patients», martèle la HAS en conclusion.

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