Outre les impacts physiques qu’ils ressentent au fil de leur carrière, la santé mentale des soignants est devenue un déterminant stratégique de la qualité, de la sécurité et de la continuité des soins, donc de la soutenabilité du système de santé.
Le Dr Marie-Victoire Chopin traite de ce sujet dans une note publiée par l’Institut Sapiens, dans laquelle elle rappelle qu’ils sont exposés à des risques professionnels spécifiques, comme davantage de symptômes dépressifs et anxieux, davantage de besoins d’aide, avec un effet direct sur l’absentéisme, le turnover et l’attractivité.
Les conséquences du "travail empêché"
Le problème n’est plus, selon elle, conjoncturel (post-Covid) mais structurel, notamment à cause de l’intensification du travail, des horaires atypiques et imprévisibles, de la faible autonomie dans des organisations hiérarchisées, de l’inflation administrative et numérique. Elle parle ainsi de “travail empêché” et des blessures morales qui y sont liées.
Elle décrit, dans cet article l’impossibilité durable de soigner «comme il faut», la perte de sens, la fatigue cognitive et émotionnelle, mais également les effets pervers du numérique et de l’IA, qui peuvent fragmenter l’attention, déplacer la charge vers la relecture et «rigidifier les organisations sans doctrine d’usage».
La culture de bravoure, l’omerta et la faible sécurité psychologique qui règnent dans ce milieu retardent la demande d’aide.
Elle observe enfin que la culture de bravoure, l’omerta et la faible sécurité psychologique qui règnent dans ce milieu retardent la demande d’aide, et «transforment des signaux faibles en ruptures». Elle propose donc d’instaurer une prévention structurelle pilotée en traitant les plannings, les repos, les seuils d’alerte, l’accès confidentiel à l’aide, la culture de l’erreur ou la sobriété numérique.
Lire la note du Dr Chopin dans son intégralité ICI.