PROTECTION DE L’ENFANCE

Un parcours de soins renforcé pour les jeunes suivis par l’ASE

Publié le 27/04/2026

Un parcours de soins « coordonné » et « renforcé » pour les enfants et jeunes majeurs suivis par l’Aide sociale à l’enfance (ASE) entre en vigueur sur l’ensemble du territoire. Il vise à structurer un suivi de santé plus précoce et plus continu pour des jeunes dont l’état de santé est plus fragile et les parcours de soins souvent morcelés.

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Déployé sur 3 ans, le nouveau «Parcours Enfance protégée» concernera les mineurs et jeunes majeurs de moins de 21 ans pris en charge par l’ASE, qu’ils soient placés ou suivis au sein de leur famille, indique l’arrêté publié dans le Journal officiel du 25 avril 2026. Les jeunes sortis du dispositif pourront aussi en bénéficier pendant un an après la fin de leur accompagnement.

Un suivi de santé systématisé dès l’entrée à l’ASE

Inspiré de deux expérimentations, ce parcours repose sur un principe simple : mieux repérer les besoins de santé dès l’entrée dans la protection de l’enfance, puis mieux organiser leur suivi. Un bilan de santé et de prévention, somatique et psychique, devra ainsi être proposé dès le début de la prise en charge, principalement par un médecin généraliste ou un pédiatre.

Le cahier des charges annexé à l’arrêté rappelle que «les enfants et adolescents pris en charge au titre de la protection de l’enfance constituent une population particulièrement vulnérable». Il souligne aussi un «état de santé plus dégradé», justifiant un accompagnement plus structuré.

Une priorité donnée à la santé mentale

Le renforcement de l’accompagnement psychique constitue l’un des axes centraux du dispositif. En plus du bilan initial, des interventions précoces en santé mentale pourront être mises en place et remboursées par l’Assurance maladie.

Psychologues, psychomotriciens et ergothérapeutes pourront ainsi intervenir plus tôt, avec l’objectif de prévenir l’aggravation des troubles et de limiter les prises en charge en urgence.

Cette évolution répond à une situation déjà largement documentée. Les jeunes suivis par l’ASE concentrent des besoins importants en santé mentale, avec des parcours souvent marqués par des traumatismes, des hospitalisations répétées et des difficultés d’accès à une offre adaptée. Selon les données rappelées dans la dépêche, ils représentent à eux seuls la moitié des hospitalisations en pédopsychiatrie, alors même que seule une minorité bénéficie aujourd’hui d’un véritable suivi de santé à son arrivée dans le dispositif.

Des parcours mieux coordonnés dans les territoires

Au-delà du repérage, la réforme entend corriger une autre faiblesse récurrente : la fragmentation des parcours. Le texte prévoit donc la mise en place de structures départementales chargées de coordonner les soins.

Sélectionnées par les Agences régionales de santé (ARS), en lien avec les conseils départementaux, elles devront organiser les orientations, assurer la continuité du suivi et limiter les ruptures de prise en charge entre les différents intervenants.

L’objectif affiché est de rendre effectif, pour chaque enfant protégé, un accès plus lisible aux soins, avec un accompagnement plus continu et moins dépendant des ruptures institutionnelles ou territoriales.

Une réponse à une situation régulièrement dénoncée

Ce nouveau cadre s’inscrit dans un contexte de forte dégradation de la protection de l’enfance, documentée par de nombreux rapports depuis 2022. Tous dressent le même constat d’une Aide sociale à l’enfance fragilisée, avec peu de moyens et, pour les enfants concernés, des parcours souvent instables sur les plans sanitaire, scolaire et psychique.

Le nouveau parcours entend apporter une réponse concrète à ces défaillances, en structurant plus tôt le repérage, l’accès aux soins et leur coordination.

En amont de cette réforme, la Haute Autorité de santé publiait en mai 2025 des recommandations pour mieux articuler les interventions entre protection de l’enfance et psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, avec un même objectif, celui d'éviter les ruptures de parcours et limiter les prises en charge en urgence.

Sources : AFP, Légifrance

La Rédaction d'Infirmiers.com avec l'AFP

Source : infirmiers.com