Chaque année, la grippe, touche jusqu’à 6 millions de personnes et provoque des dizaines de milliers d’hospitalisations, selon Santé Publique France. Et si l’on déplore en moyenne 9 000 décès en moyenne chez les populations fragiles (personnes âgées de plus de 65 ans, femmes enceintes, personnes atteintes de maladies chroniques ou immunodéprimées) l’hiver précédent a été marqué par un excès de mortalité, avec plus de 17 000 décès attribuables à la grippe et 30 000 hospitalisations.
Aucune région n’est épargnée
La grippe n’épargne aucune région et la situation pourrait se traduire par une tension hospitalière importante dans les hôpitaux durant les congés de Noël. En effet, les indicateurs de surveillance témoignent d’une progression continue de l’activité grippale. À savoir, la hausse du nombre de consultations de ville et des passages aux urgences pour syndrome grippal. C’est donc pour anticiper au mieux la propagation de la grippe, que Santé Publique France et l’Institut Pasteur, ont co-construit un outil de prévision.
Prévenir pour mieux gérer
Cet outil de modélisation innovant actualise chaque semaine les données relatives à l’épidémie. Ce dispositif combine ainsi plusieurs modèles pour proposer des scénarios à l’échelle nationale et régionale. Deux lectures possibles : soit l'évolution prévue sur 4 semaines, soit la probabilité de survenue du pic par semaine.
Les premières projections suggèrent une poursuite de la hausse des passages aux urgences à l’approche de Noël, suivie d’un recul progressif autour du passage à la nouvelle année. «Le pic de l'épidémie grippale est, à ce stade, attendu plutôt dans la semaine de Noël, avec «15% de chance qu'il ait lieu en semaine 51, 70% en semaine 52 et 12% en semaine 1», celle du 31 décembre, à cheval entre la fin 2025 et le début 2026.» souligne Simon Cauchemez, responsable de l’unité de modélisation à l'Institut Pasteur.
Une inflexion qui pourrait s’expliquer par la fermeture des écoles pendant les vacances et donc par un ralentissement de la transmission du virus. D’ailleurs, les autorités n’excluent pas non plus un rebond après les vacances, comme cela a été observé lors de certaines saisons précédentes. L’intégralité des prévisions est en libre accès, en téléchargement sur le site de Santé Publique France.
La prudence est de mise
Les épidémiologistes soulignent toutefois les limites de l’outil de projection. En effet, la fiabilité du modèle dépend surtout de la similitude entre la saison précédente et celle en cours. Par ailleurs, certains paramètres ne sont pas encore intégrés, comme la couverture vaccinale des populations à risque, l’efficacité du vaccin selon les souches circulantes ou bien encore la répartition précise des sous-types viraux.
Si les projections ne sont pas à prendre au pied de la lettre, les autorités sanitaires appellent à la vigilance, à la vaccination annuelle des publics à risque et au respect des mesures de prévention habituelles. D’ailleurs, certaines Agences Régionales de Santé, vont dans ce sens, comme l’ARS du Centre Val de Loire recommandent même le port du masque en cas de symptômes respiratoires ou en cas de contact avec des personnes vulnérables.
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