Attention à la pertinence de l’application de la protection sociale complémentaire (PSC) au sein de la fonction publique hospitalière. La mise en garde provient du Syndicat national des infirmiers anesthésistes (SNIA) qui, dans un communiqué, veut rappeler la spécificité de l’exercice infirmier hospitalier, caractérisé notamment par sa pénibilité. Au sein de l’hôpital, «la sinistralité ne relève pas d’une notion théorique».
Exposition aux risques professionnels, en particulier au bloc opératoire où les professionnels sont en première ligne face aux fumées chirurgicales ou aux contaminations par produits sanguins, charge mentale et responsabilités particulièrement lourdes qui entraînent un épuisement psychologique, sursollicitation du corps et pénibilité qui provoquent une usure physique… Les conséquences des contraintes de ces métiers hospitaliers sont multiples et ont sur le long terme un fort impact sur la santé des professionnels. «Dans ce contexte, la PSC appliquée à la FPH ne saurait se limiter à un dispositif standardisé, conçu à distance des blocs opératoires, des services de réanimation, des urgences ou des EHPAD», insiste le SNIA. Elle ne peut pas non plus reproduire un modèle «générique» qui ne collerait pas aux spécificités du milieu de la santé. Cette complémentaire santé doit «répondre de manière adaptée aux risques réels» qu’affrontent les agents hospitaliers.
Le syndicat a ainsi identifié plusieurs points d’achoppement, à commencer par le maintien d’un jour de carence et un plafonnement de la prise en charge des arrêts maladie à 90%. La mise en œuvre de la PSC ne doit pas non plus se faire au détriment des prestations du CGOS (Comité de Gestion des Ouvres Sociales), qui assure la gestion des actions sociales pour la fonction publique hospitalière. «Plus largement, la mise en place de la PSC ne peut se traduire par une diminution du niveau global de protection des agents, notamment en restreignant la diversité et la qualité des garanties aujourd’hui accessibles», avertit-il.
Un outil de fidélisation des professionnels
Et de rappeler que la PSC est censée remplir deux missions : assurer la protection de la santé des soignants, qui s’impose de plus en plus comme une préoccupation majeure dans un contexte d’accroissement des besoins en santé et de fuite des personnels, et, en corollaire, renforcer l’attractivité des métiers hospitaliers. «Un hôpital qui protège ses soignants est un hôpital qui recrute, qui fidélise et qui reconnaît pleinement l’engagement de ses professionnels», martèle-t-il.
En place dans le privé depuis une dizaine d’année, la complémentaire santé n’est toujours pas obligatoire dans le secteur sanitaire public. Mais elle est appelée à l’être. En février 2021, une ordonnance du gouvernement a instauré l'obligation pour les employeurs publics de prendre en partie en charge une mutuelle et un régime de prévoyance pour leurs agents. Les contrats de mutuelle facilitent ainsi l’accès aux soins et prévoient un socle de garanties commun à tous, quand les contrats de prévoyance permettent de pallier la baisse de rémunération en cas de maladie longue ou d’invalidité. Prévue pour le 1er janvier 2026, la mise en application de ce texte dans la fonction publique hospitalière a été repoussée au 1er janvier 2027.
SANTÉ DES SOIGNANTS
Une enquête chiffre le malaise profond chez les infirmiers
FRAUDES
Fraudes à l’Assurance Maladie : un record en 2025
SANTÉ MENTALE
La santé mentale des jeunes et des femmes en première ligne selon une enquête
RÉGION
Dans le Grand Est, plusieurs centaines de lits labellisés en soins palliatifs