ÉCONOMIE

Les infirmiers libéraux exclus de l'aide à la pompe, dénoncent les syndicats

Publié le 23/04/2026

Les annonces du gouvernement concernant l'aide à la pompe, face à la hausse des carburants, ont plus exaspéré les syndicats d'infirmiers libéraux qu'autre chose. Car les conditions pour en bénéficier pourraient de fait exclure nombre de ces professionnels. 

Pompe à essence avec conducteur faisant le plein

Crédit photo : GARO/PHANIE

Cette fois, la pilule aura bien du mal à passer. Les annonces du gouvernement avaient pourtant laissé entrevoir un espoir… avant qu’il ne soit sévèrement douché par les conditions imposées. Face à la hausse des prix de l’essence, l’exécutif a indiqué mardi 21 avril débloquer une aide à destination des «gros rouleurs» exclus de son premier plan carburant ; reposant sur une exonération de taxes, il ne concernait alors que quelques filières (pêcheurs, PME de transport routier…). De l’ordre de 2,9 millions d’euros, cette aide supplémentaire est destinée aux Français les plus modestes, touchant un salaire «sous la médiane du revenu imposable», a précisé Roland Lescure, ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, sur France 2. Pour y être éligibles, ils doivent ainsi percevoir jusqu’à 17 000 euros par an pour une personne seule, et 50 000 euros pour un couple avec deux enfants, et travailler à 15 kilomètres minimum de leur domicile ou parcourir 8 000 kilomètres par an. De 50 euros par personne – soit environ 20 centimes par litre – ce coup de pouce s’étend sur une durée de 3 mois, d’avril à juin. «Je me réjouis que les aides-soignants et les aides à domicile puissent (en) bénéficier», a salué sur X la ministre de la Santé, Stéphanie Rist.

Problème : les infirmiers libéraux (IDEL), eux, ne sont pas garantis d’en bénéficier.

"Un mépris assumé" et "une faute politique"

C’est que leurs revenus annuels dépassent souvent les plafonds fixés par le ministère. Pour les représentants des IDEL, c’est un camouflet intolérable. «En moins d’un mois, la profession a été écartée à trois reprises de mesures dont elle avait pourtant été publiquement identifiée comme bénéficiaire», tonne la Fédération nationale des infirmiers (FNI) dans un communiqué, faisant référence aux annonces du 25 mars à l’Assemblée nationale et au premier plan d’aide. «Le gouvernement ne peut plus parler d’oubli, il s’agit d’un mépris assumé envers 132 000 infirmiers libéraux», y écrit Daniel Guillerm, son président, évoquant «une faute politique». Car depuis des semaines, les syndicats d’IDEL alertent sur le poids que la hausse des prix du carburant, due à la guerre au Moyen-Orient, fait peser sur les revenus des professionnels. Aussi la politique décidée par le gouvernement est-elle «incohérente» - les IDEL portent le virage domiciliaire tant défendu par les pouvoirs publics – «injuste» - d’autres professions fortement dépendantes du carburant disposent de dispositifs de soutien plus pertinents – et «intenable» - plus de la moitié du prix du carburant est constituée de taxes. Et c’est justement sur ce dernier point que la FNI appelait à agir : en appliquant une exonération pour les IDEL.

«Le gouvernement annonce des mesures pour soutenir certains secteurs... mais les #infirmiers libéraux ne figurent dans aucune mesure de soutien», s’agace de son côté le Syndicat national des infirmières et infirmiers libéraux dans un post sur X. «À ce rythme, ce n’est pas seulement l’exercice quotidien qui est menacé, c’est l’accès aux #soins à #domicile qui se fragilise.»

Le 13 avril dernier, la FNI, déjà remontée face à ce qu’elle estime un manque de considération pour les IDEL, encourageait ces derniers à refuser toute nouvelle prise en charge en sortie d’hospitalisation. Une consigne qu’elle maintient, voire qu’elle entend renforcer. De nouvelles modalités de mobilisation pourraient être décidées dans les jours à venir si la situation n’évolue pas.

Le coût des nouvelles aides sur le carburant et du prolongement de certaines mesures de soutien coûtera 180 millions d'euros en mai, après 150 millions d'euros en avril, a indiqué mercredi 22 avril le ministre des Comptes publics, David Amiel.

La Rédaction d'Infirmiers.com

Source : infirmiers.com