Après une première mobilisation devant une clinique de Sainte-Clotilde ce lundi 20 avril, les représentants des salariés attendaient beaucoup de la réunion organisée dans l’après-midi avec l’ARS. Mais, selon les éléments recueillis par Réunion La 1ère, les échanges n’ont pas permis d’aboutir à des avancées jugées suffisantes.
Face à ce blocage, l’intersyndicale (CFTC, CGTR, FO, UNSA) a rapidement tranché, en reconduisant la grève illimitée. Le mouvement concerne l’ensemble des cinq groupes hospitaliers privés de l’île. Dès ce mardi 21 avril, les soignants entendent poursuivre la mobilisation en changeant de point de ralliement. Ils prévoient de se réunir devant la clinique des Orchidées, au Port, pour continuer à interpeller les autorités.
La question de la rémunération en ligne de mire
Les représentants du personnel demandent un alignement avec la fonction publique hospitalière, en particulier via la mise en place d’une prime de vie chère.Un point jugé incontournable dans le contexte économique local. «Le personnel, qu'il soit aux soins, à l'administratif ou au support technique, effectue les mêmes missions que dans le public », rappelait lundi Samuel Valin, secrétaire général de la CFTC Santé Sociaux. « Avec le prix de l'essence et le coût de la vie actuel, ce réajustement est nécessaire».
Un malaise profond dans les équipes
Au-delà du rapport de force engagé, les témoignages des professionnels traduisent un mal-être bien installé. Ils décrivent un quotidien de travail sous tension, où la fatigue et la répétition des tâches finissent par prendre le dessus.Pascale Payet, aide-soignante, pose des mots sur cette réalité : «On est dans des conditions de travail où l'on ne voit plus la souffrance dans laquelle on est. On fait les choses machinalement, on ne réfléchit plus. Aujourd'hui, on n'est pas reconnus dans notre travail».
Dans les cortèges, les messages affichés reflètent cette perte de sens : «Diplômés d'État, smicards.». Une formule qui illustre le décalage ressenti entre les exigences du métier et la reconnaissance accordée.
Le conflit actuel s’inscrit ainsi dans un climat social fragilisé depuis plusieurs semaines. Avant même le lancement de la grève, des syndicats faisaient état de relations dégradées avec certaines directions d’établissement. Ils évoquent notamment des pressions exercées sur des salariés et dénoncent un manque de dialogue social. Des pratiques qui, selon eux, ont contribué à cristalliser les tensions.
Des tensions déjà connues
Dans ce contexte, la poursuite du mouvement pourrait continuer à perturber l’activité des cliniques. Des reports de rendez-vous et d’interventions restent possibles. Les patients sont invités à se renseigner auprès de leur établissement avant de se déplacer, tandis que les structures hospitalières publiques assurent la continuité des urgences.
Pour les soignants mobilisés, l’enjeu dépasse désormais le cadre des négociations en cours. Il s’agit d’obtenir des réponses concrètes à un malaise qu’ils jugent durable, et qui, à ce stade, ne semble pas près de s’apaiser.
Source : Réunion La 1ère
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