40%. C’est la part de Français qui déclarent qu’il est difficile d’accéder à des soins de santé là où ils vivent, selon le volet « Santé » du baromètre des municipales réalisé par l'Institut Vérian et la Fondation Jean Jaurès, en partenariat avec la Fédération hospitalière de France (voir encadré). Mais la situation est très disparate en fonction des territoires : la proportion dépasse la moitié des habitants en commune rurale (53%) et dans les agglomérations de moins de 20 000 habitants, relève la FHF. Ainsi qu’en fonction des catégories de professionnels de santé. L’accès aux médecins généralistes (pour 47% des répondants), aux médecins spécialistes (63%), et aux dermatologues, ophtalmologues et cardiologues, notamment, est jugé comme particulièrement difficile. «Plus d’un tiers des Français (36 %) estiment même vivre dans un « désert médical », un sentiment particulièrement marqué dans les zones rurales et les villes moyennes», commente la Fédération.
Or ces difficultés d’accès ont des conséquences lourdes sur les patients, à commencer par le renoncement aux soins. Ils sont 81% à indiquer avoir tiré un trait sur le fait de prendre un rendez-vous avec un professionnel dans les douze derniers mois en raison de délais d’attente trop longs (65%) ou d’un manque de spécialistes de proximité (60 %, jusqu’à 70 % en zone rurale). 47% avancent également des coûts jugés trop élevés ou des remboursements insuffisants.
Les communes en première ligne
Ces chiffres s'inscrivent dans un contexte particulier, celui des prochaines municipales, alors que les collectivités sont en première ligne pour répondre à ces enjeux. Une enquête du CSA, réalisée par France Assos Santé, notait en novembre 2025 que la santé était la préoccupation numéro 1 des Français. «70 % des Français estiment que leur commune a un rôle à jouer en matière de santé et d’accès aux soins, dont 27 % qui lui attribuent même un rôle central», écrit ainsi la FHF. Mais selon le baromètre, seuls 42% des Français considèrent que leur commune agit réellement pour améliorer l’accès aux soins. A contrario, 31% jugent qu’elle n’agit pas. Enfin, 34% des répondants indiquent que la situation de l’accès aux soins dans leur commune s’est détériorée ces dernières années. «Pour ces élections municipales, la santé pourrait donc être un critère de vote décisif», en conclut la Fédération. Face aux attentes, les maires auront toutefois à dépasser deux écueils : le manque de visibilité des actions et des prérogatives des élus locaux, et le manque de moyens disponibles à l’échelle communale, fait valoir de son côté l’Observatoire.
L’Institut Verian, le journal L’Opinion et la Fondation Jean-Jaurès ont décidé de s’associer pour créer un baromètre dédié aux élections municipales de 2026, avec l’objectif de mieux comprendre les enjeux locaux qui structurent la vie quotidienne des Français et préfigurent les grandes tendances politiques à venir. Les trois précédents volets ont concerné la vie, les mobilités et la fiscalité locales.
Pour réaliser ce baromètre, ils ont mobilisé un échantillon de 1 000 personnes représentatif de la population française adulte âgée de 18 ans et plus.
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