C’est l’une des revendications que portent les trois principaux syndicats d’infirmiers libéraux (Fédération nationale des infirmiers, Syndicat national des infirmières et infirmiers libéraux, et Convergence infirmière) : une aide pour ces professionnels contraints de se déplacer chaque jour aux domiciles des patients afin de faire face à la hausse du prix des carburants. Lors de la signature de l’avenant 11 à la convention nationale infirmière, qui marque une revalorisation des actes et la reconnaissance des compétences élargies de ces soignants, la Fédération nationale des infirmiers (FNI) listait parmi ses attentes supplémentaires un coup de pouce du gouvernement pour soutenir les IDEL. Elle pointait «un oubli» de la profession dans le plan de ce dernier pour réduire les impacts de l’augmentation du prix de l’essence sur certains secteurs, via une exonération des taxes.
Un appel à l'arrêt des nouvelles prises en charge
Deux semaines plus tard, force est de constater, s’agace le syndicat, que les alertes successives n’ont servi de rien : «le gouvernement a finalement choisi de ne rien décider «à ce stade», préférant miser sur une hypothétique baisse des prix à la pompe», s’indigne-t-elle dans un communiqué daté du 10 avril, dénonçant une position «attentiste» vécue comme «une provocation» par les IDEL. Entre explosion des charges, inflation qui pèse sur les revenus, revalorisations tardives et jugées comme insuffisante, la coupe est pleine. De quoi justifier un appel à l’ensemble de la profession à arrêter les «nouvelles prises en charge de patients en sortie d’hospitalisation» et à ne maintenir que «les soins déjà engagés, afin de garantir la sécurité des patients actuellement suivis». «Ce mouvement, responsable mais déterminé, vise à alerter sur les conséquences concrètes de l’inaction gouvernementale. Sans réponse rapide, c’est toute la chaîne de soins qui se trouvera fragilisée», martèle le syndicat.
Cette mobilisation doit permettre aux IDEL de faire entendre leurs demandes prioritaires : la mise en place de mesures «immédiates» pour compenser la hausse des coûts de carburant, et «une reconnaissance réelle du rôle essentiel des IDEL dans le système de santé», le tout soutenu par des «engagements clairs et tenus dans le temps». Dans le cas contraire, la FNI entend bien appeler à durcir le mouvement.
Au début du mois, confronté aux multiples interpellations de la profession, le gouvernement, par la voix de sa porte-parole Maud Bregeon, avait évoqué la possibilité de lui donner accès à une offre de location de voitures électriques. L’annonce avait laissé professionnels et représentants sceptiques. Entre difficulté à trouver des bornes dans certaines zones, notamment rurales, et contraintes liées à l’autonomie des véhicules et au besoin de les recharger, l’idée n’avait pas convaincu grand-monde. Les syndicats espèrent plutôt une extension du dispositif d’exonération des taxes à la profession.
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