EMPLOI

Le secteur sanitaire et médico-social, premier recruteur en 2026 et des tensions qui persistent

Publié le 24/04/2026

En 2026, le secteur de la santé et de l'action sociale représentera le premier pourvoyeur d'embauches, selon une enquête de France Travail. Mais c'est aussi l'une des filières où les difficultés de recrutement sont les plus prégnantes.

Entretien entre deux femmes

Crédit photo : BURGER/PHANIE

Avec ses 322 000 recrutements prévus en 2026, le secteur sanitaire, médico-social et de l’action sociale est la première filière stratégique en termes de dynamique d’emploi, juste devant l’hôtellerie-restauration (319 000 recrutements prévus) et le commerce-distribution (264 000). Telle est la conclusion de l’enquête «Besoins en main-d’œuvre» menée par France Travail (voir encadré) et dont les résultats ont été publiés le 21 avril 2026. De manière générale, le nombre des projets de recrutement s’avèrent toutefois en baisse : de -6,5% cette année par rapport à 2025, avec 2,28 millions d’embauches potentielles, soit le niveau le plus bas depuis 2018. Sauf dans le secteur sanitaire et médico-social qui affiche, lui, une hausse de 0,4%. Et c’est aussi la filière qui demeure prioritaire. Car les difficultés à combler les postes vacants sont prégnantes : 54% des recrutements sont ainsi jugés difficiles dans l’ensemble du secteur, contre une moyenne de 43,8% si l’on prend l’ensemble des filières.

36 700 recrutements d'infirmiers et de sages-femmes sont prévus

«Des métiers du soin et de l’accompagnement font également partie des plus recherchés, avec des difficultés de recrutement supérieures à la moyenne», indiquent ainsi les auteurs de la synthèse de l’enquête. Dans le détail, France Travail décompte :

  • 69 500 projets de recrutement d’aides à domicile et auxiliaires de vie,
  • 62 100 d’aide-soignant, 56,6% de projets jugés difficiles,
  • 36 700 d’infirmiers et sages femmes, 60,2% de projets jugés difficiles.

«Les difficultés de recrutements pour ces métiers sont envisagées dans six cas sur dixEt pour les aides-ménagères, les aides-soignants et les infirmiers, «les difficultés de recrutement sont bien au-dessus de la moyenne

Le constat ne date en réalité pas d’hier. L’enquête 2025 démontrait déjà des difficultés de recrutement dans le secteur de la santé et de l’action sociale (45% des établissements). Plusieurs causes étaient avancées par les établissements, à commencer par le caractère urgent des embauches, mais aussi la rémunération jugée trop faible, la concurrence posée par d’autres établissements ou encore l’image de l’employeur et du secteur et la pénibilité du métier. Et en 2024, la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (DARES) relevait que le métier d’infirmier restait particulièrement en tension, touché par les conséquences de la crise sanitaire. Des problématiques structurelles qui demeurent en 2026, auxquelles s’ajoutent aussi le manque de candidats (82% des cas) et l’inadéquation des profils (84%).

Pour autant, et malgré tout, l’hôpital public enregistre une amélioration de la situation de ses effectifs depuis 2025. L’AP-HP a ainsi indiqué être parvenue à rétablir ses effectifs soignants, attribuant ce succès au lancement, en décembre 2022, de son plan «30 leviers pour agir ensemble». Quant à la Fédération hospitalière de France (FHF), elle se félicite depuis 2 ans de retrouver une dynamique positive en termes d’embauches dans ces établissements. D’ici 2030, ce sont 500 000 postes qui devront être pourvus dans ce secteur ; et les métiers les plus recherchés resteront ceux d'aides-soignants, d'infirmiers et d'auxiliaires de vie.

 

L’enquête «Besoins en main-d’œuvre» est menée tous les ans depuis 2002 par France Travail (anciennement Pôle emploi). Elle évalue les intentions d’embauches (créations de postes et remplacements) sur l’année à venir, permettant ainsi d’identifier les filières les plus en tension et d'élaborer des actions pour y remédier : en 2026, France Travail entend déployer pour les 11 secteurs prioritaires une mobilisation «inédite», via des conventions de coopérations avec les acteurs des filières, des immersions dans les établissements, une cartographie locale des besoins ou encore un appui à la mobilité professionnelle et géographique.

Accéder aux résultats de l'enquête «Besoins en main-d’œuvre» de France Travail

La Rédaction d'Infirmiers.com

Source : infirmiers.com