CERTIFICATION

Des soins globalement "de qualité" mais des points de vigilance persistent, selon la HAS

Par
Publié le 04/02/2026

La Haute autorité de santé dévoile les résultats des indicateurs de qualité et de sécurité des soins. Sans surprise, si le niveau est globalement bon, la psychiatrie, bien qu’en progression, continue de présenter des difficultés, notamment sur la prise en charge somatique des patients.

logo de la haute autorité de santé sur vitre

Crédit photo : S.Toubon

Quel est le niveau de qualité des soins en France en 2025 ? «Stable» pourrait être la réponse succincte à cette question. Au 31 décembre 2025, 2 144 décisions de certification ont été publiées, démontrant une prise en charge dans l’ensemble «de qualité». 90,5% des établissements ont ainsi été certifiés (contre 87% en 2024), dont 23,8% qui ont reçu la mention «Haute qualité des soins». «Néanmoins, près d’un établissement sur dix ne répond pas aux exigences de qualité des soins définies par le référentiel», observe la Haute autorité de santé en présentant ses résultats, mardi 3 février : 5,7% des établissements sont certifiés sous condition – ils représentaient 9% l’année précédente – et 3,7% ne sont pas certifiés, contre 4% lors de la précédente évaluation. «Bien que le taux d’établissements non certifiés reste stable, le nombre d’établissements non certifiés n’a, quant à lui, jamais été aussi élevé (80)», est-il constaté.

Une expérience patient toujours en amélioration

En revanche, côté expérience patient, la HAS se félicite d’une hausse des indicateurs. La participation des patients au questionnaire de satisfaction, pour commencer, augmente dans les 4 secteurs identifiés (médecine-chirurgie-obstétrique (MCO), soins médicaux et de réadaptation (SMR), hospitalisation à domicile (HAD) et psychiatrie). 1,45 millions d’entre eux se sont prêtés à l’exercice, quand ils étaient 1,34 millions en 2024. Dans le détail, en chirurgie ambulatoire, les patients sont satisfaits avec une note sur 100 de 80,1 (+0,6 points par rapport à 2024), à 77/100 en SMR (+0.3 point) et 75,2/100 en hospitalisation MCO de plus de 48 heures (+0,4 points). «Cette progression témoigne de la grande implication des professionnels, qui mettent en place des actions d’amélioration», salue l’autorité sanitaire, qui tire également certains enseignements à partir des commentaires des patients. Dans les 4 secteurs, ce sont en premier les relations humaines et la prise en charge soignante qui sont soulignées favorablement. Côté points négatifs, les patients critiquent les délais de prise en charge et d’attente en chirurgie ambulatoire, alors qu’en psychiatrie, c’est plutôt l’implication des patients et des proches qui fait défaut.

Des progrès salués en psychiatrie

La psychiatrie justement, qui affiche une amélioration par rapport aux résultats de l’année précédente, où la hausse de la qualité était encore jugée insuffisante. Du côté de la certification, déjà, 89% des 506 établissements évalués disposant d’une activité de psychiatrie l'ont obtenue, dont 18,4% avec une mention. 6,3% sont certifiés sous condition et 4,7% ne sont pas certifiés. Soit des chiffres «légèrement moins bons que la moyenne nationale », commente la HAS, « sans pour autant être en rupture totale.» Si la prise en charge en ambulatoire s’est améliorée, près d’un établissement sur 2 n’atteint toutefois pas la note de 80% sur le critère de gestion et d’anticipation de récidive des épisodes de violence. Quant à l’expérience patient, elle affiche «une belle progression» auprès des personnes hospitalisées à temps plein. La qualité de la lettre de liaison à la sortie atteint une note de 62/100, soit une hausse de 10,5 points par rapport à 2022, et «40% des établissements atteignent un niveau satisfaisant sur cet indicateur», en progression de 14 points. Quant à la prise en charge de la douleur somatique chez les patients, elle progresse de 8,5 points pour enregistrer un taux de satisfaction de 72%.

«Les résultats en centre médicopsychologique (CMP), montrent les difficultés sur le suivi des patients sur le plan somatique en psychiatrie», nuance toutefois la HAS. Si les indicateurs portant sur la surveillance de l’état cardiovasculaire et métabolique et sur le repérage et l’aide à l’arrêt des addictions s’améliorent (respectivement +2,8 points et +3,9 points par rapport aux données de 2022), le lien entre les CMP et la ville dans le champ des soins somatiques affiche une faible moyenne, à hauteur de 20%.

Alerte sur les taux de vaccination et de consommation de gel hydroalcoolique

Enfin, nouveau point d’alerte pour la HAS, «les résultats des indicateurs sur la prévention des infections associées aux soins n’enregistrent aucune amélioration notable et restent très en deçà des attentes.» Pourtant «priorité majeure pour stopper la transmission des bactéries et virus à l’hôpital», le recours au gel hydroalcoolique poursuit sa régression. Ils ne sont plus que 29% des établissements à obtenir un niveau satisfaisant, quand ils ne pesaient déjà que 33% en 2024. «Le taux de vaccination antigrippale des soignants cette année reste préoccupant puisqu’il n’y a toujours que 20% des soignants vaccinés (+1 point par rapport à 2024)», s’inquiète également l’agence sanitaire, qui rappelle que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a fixé à 75% la part de professionnels de santé vaccinés contre la grippe pour atteindre une couverture vaccinale suffisante.

La HAS a ouvert son 6ème cycle de certification
En septembre 2025, la Haute autorité de santé a ouvert son 6ème cycle de certification. Et les premiers résultats obtenus, sur la base de 72 décisions rendues, sont légèrement moins bons que ceux du 5ème cycle. Elle note ainsi que plus de 26% des établissements évalués ne répondent pas aux attendus du critère impératif sur la déclaration des évènements indésirables dont les presqu’accidents. Celui-ci est pourtant essentiel pour améliorer collectivement les pratiques. De plus, 20% des établissements ne répondent pas aux attendus du critère impératif sur l’isolement avec ou sans contention. «Cette pratique est en effet encadrée par des règles strictes afin de garantir le respect des droits et de la dignité des personnes concernées. Ces mesures, qui ne doivent être utilisées qu'en dernier recours, visent à prévenir un danger imminent pour le patient ou pour autrui», prévient la HAS, dans un contexte où la Contrôleure générale des lieux de privation de liberté, Dominique Simonnot, s’inquiète de défaillances dans le respect des droits des patients, et notamment des enfants, en psychiatrie.

Pour sa future évaluation, la HAS prévoit par ailleurs de compléter ses indicateurs par un questionnaire d'expérience des patientes hospitalisées en maternité, en cours d’expérimentation, et par une seconde expérimentation portant sur un questionnaire d’expérience destiné à la prise en charge aux urgences. Celle-ci devrait débuter au cours du premier semestre 2026 auprès des structures volontaires.


Source : infirmiers.com