Mercredi 4 février, Nicolas Gonidec s’est de nouveau retrouvé devant la justice, comparaissant cette fois au tribunal correctionnel de Lorient et pour récidive. En janvier dernier, cet homme de 44 ans, qui se faisait passer pour un infirmier pour se livrer à son obsession, pratiquer des prises de sang illégales, avait déjà été condamné à 5 ans de prison ferme par le tribunal de Quimper. Au moment du verdit, il était déjà détenu pour cette nouvelle procédure ouverte à Lorient. La peine venait par ailleurs s’ajouter à une précédente sanction (3 ans dont un ferme) pour des faits similaires, prononcée en 2021 à Saint-Brieuc. Face au juge de Lorient, il encourait jusqu’à 10 ans d’emprisonnement pour s’être livré à cette pratique sur 7 autres victimes, dont sa compagne. Il écope finalement de 30 mois de prison ferme, assortis d'une interdiction définitive d'exercer toute profession médicale. Soit une peine conforme aux réquisitions de la procureure, Laëtitia Mirande.
"Un tableau clinique catastrophique"
Il faut dire que le profil de Nicolas Gonidec est pour le moins particulier. La procureure a en effet pointé un «tableau clinique catastrophique» tel qu’il a été dressé par l’expertise psychiatrique. Même si ce diagnostic aurait pu être plus nuancé, «on n'est peut-être pas très loin de la vérité», a estimé la magistrate, comme le rapporte l’AFP. En détention provisoire au moment de l’audience, le prévenu est apparu détaché et très à l'aise, et visiblement satisfait de parler de lui-même. S’il a reconnu les faits, il les a toutefois minimisés. Interrogé par le président sur cette obsession pour les veines, qu’il nourrit depuis l’âge de 10 ans : «C'est comme si j'étais dans un tunnel infernal, où j'ai l'impression d'être infirmier», a-t-il répondu, sans parvenir à expliquer pourquoi son obsession porte uniquement sur les veines des femmes. «Ça fait partie des choses qu'on explore avec mon psy», a-t-il déclaré, évoquant le «traumatisme» dont il aurait été victime à l'âge de cinq ans après une prise de sang douloureuse, à l'origine, selon lui, de ses actes.
Une hypothèse balayée par Patrick Brossault, l’expert psychiatre, qui a décrit Nicolas Gonidec comme «un psychopathe, narcissique et pervers», faisant preuve d'une «culpabilité de façade, sans véritable honte». «Ce qu'il nous raconte, c'est de l'enfumage. Il n'y a rien à faire. Il va recommencer, il va récidiver», a-t-il estimé, identifiant même un «risque d'aggravation» et ajoutant : «Il a un mode de fonctionnement dans lequel l'autre n'existe pas. Il n'a aucune empathie.»
L’analyse a hérissé son avocate, Jennifer de Kerckhove. «Ce n'est pas une expertise, c'est un réquisitoire ! Elle est teintée de subjectivité de bout en bout !», a-t-elle lancé, en appelant le tribunal à ne pas juger Nicolas Gonidec «sur toute son œuvre» mais «sur la base de ce dossier». «Ce dont je souffre se soigne. J'ai l'intention de sortir de ce mal-là», a promis le prévenu à l'issue des débats.
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